• Gilles Tarabiscuité



PROJET n°8

POLYGONES | 2018


Avec ce projet, j’aborde plusieurs thèmes : je m’intéresse en particulier aux modèles identitaires et à leurs perceptions. Partant du postulat que les identités culturelles ne sauraient être figées dans des catégories définitives je déconstruis et reconstruis ces identités en mélangeant les attributs et signes culturels des uns et des autres.

Description détaillée du projet

« À partir du moment où la photographie n’est plus définie « absolument », dans son principe « originel », comme une captation du réel, à partir du moment où son identité ne tient plus à sa nature de simple « prélèvement » d’un éclat du monde, mais à quelque chose qui fait d’elle une représentation qui peut ne pas correspondre à une chose réelle, c’est-à-dire qui peut (ce n’est qu’une possibilité, pas une nécessité) avoir été inventée (en tout ou en partie) par une machine à image, alors comment peut-on penser cette image-là ? Comment penser l’image dès lors que le supposé réel qu’elle représente n’est plus donné nécessairement comme une trace de « ce qui a été » ? »

Philippe DUBOIS : De l’image-trace à l’image-fiction, Le mouvement des théories de la photographie de 1980 à nos jours. Études photographiques No 34 Printemps 2016.

À propos

Gilles Tarabiscuité

Historien de l'art de formation (doctorat sur les cabinets de curiosités et l'histoire des collections aux XVIe et XVIIe siècles), Tarabiscuité a travaillé plusieurs années dans le monde de l'art contemporain (Centre International d'Art Contemporain de Montréal, Galerie du Centre à Saint-Lambert, galerie Simon Blais). Ses photographies se sont méritées plusieurs prix (Tokyo International Foto Awards 2017, Monochrome Awards 2017, Concours PHOTO Magazine 2017, etc.). Gilles Tarabiscuité vit et travaille à Montréal. Il enseigne au Cégep Marie-Victorin le multimédia et la photographie au département de graphisme.



Démarche



Je m’intéresse au processus de production et de fabrication d’une image photographique. Mes projets sont constitués d'une série de photographies représentant les différentes étapes de fabrication d’une image-fiction. Mon travail se situe à la frontière de plusieurs tendances majeures de l’histoire de la photographie : je pratique l’enregistrement factuel du réel (photographie documentaire se rapprochant de la Straight Photography et de la Neue Sachlichkeit) que je mets par la suite en scène dans une image composite (image-fiction) mais dont le résultat demeure toujours ancré dans le réel, tentant ainsi d’imiter la photographie pure.


En bref, je détourne des éléments photographiques dits objectifs pour un résultat tarabiscoté, mais visuellement plausible en tant que captation du réel dans le but de recréer une image qui pourra être perçue comme une « trace de ce qui a été ».


Sur le plan formel, j’explore diverses avenues pour tenter de me libérer de la planéité de la photographie. Pour casser cette bidimensionnalité forcée, j’ai recours à plusieurs procédés comme, par exemple, rephotographier des objets par-dessus une première photographie imprimée. Il m’arrive également d’imprimer et de coller la photo sur une surface tridimensionnelle, de découper en morceaux cet objet, de placer les fragments dans un nouvel environnement et les photographier de nouveau.


 

 

GILLES TARABISCUITÉ

 



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Gilles Tarabiscuité